lundi 30 avril 2012

L'INVITE : Mathieu Fleury

Mathieu Fleury (photo de presse)
Que dire de Mathieu Fleury? Si ce n'est que c'est un peu le super héros des consommateurs. En sa qualité de secrétaire général de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC), Mathieu Fleury prend la défense des consommateurs. Il les met en garde, les conseille. Ce n'est pas à l'avocat Mathieu Fleury que je m'intéresse aujourd'hui, mais au cinéphile. Il se définit lui-même plus  cinéphage que cinéphile, plus gourmand que gourmet. Un homme qui pendant plus d'une heure trente avait les yeux qui brillaient en me parlant des films qu'il aime (ou qu'il aime moins). Rencontre avec un homme qui n'a pas oublié ses racines jurassiennes et les valeurs terriennes qui s'y rattachent. Un homme à l'authenticité et à la sincérité rares.

Mathieu Fleury, si je vous dis le mot "cinéma" qu'est-ce qui vous vient spontanément à l'esprit?

Réalité augmentée. Oui, c'est ça. Le cinéma c'est un complément indispensable à la réalité. C'est en quelque sorte une lucarne supplémentaire, une vision de plus sur la réalité. Pour moi, c'est un compagnon de route. J'avoue être un boulimique, plus gourmand que gourmet. C'est vraiment une démarche tournée vers le plaisir. Je privilégie le plaisir aux questions formelles et techniques. Déjà le fait d'entrer dans le cinéma est un plaisir en soi. J'avoue également que je suis bon public.

Un compagnon de route qui vous accompagne depuis quand?

Depuis l'enfance. Mes parents étaient de bons connaisseurs et très exigeants avec les films qu'ils voyaient. Ils avaient un côté très "ARTE", très "ciné-clubs". Ils connaissaient très bien le cinéma de leur génération. Avec mon père, je regardais des Fellini par exemple, à la télévision. Je ne comprenais pas tout, mais il y avait quelque chose qui me fascinait et qui me faisait découvrir une autre facette de mon père. Ma mère était très fine et mon père s'extasiait devant les femmes à la féminité opulente de Fellini. J'ai très peu vu de films d'enfants dans ma jeunesse. Les "classiques" pour enfants, je ne les ai découverts que plus tard. Par contre, je me souviens de la première fois où je suis allé au cinéma. C'était pour "Le Chat qui vient de l'espace". J'avais le sentiment d'être un "grand", c'était comme avoir franchi un cap. J'étais dans une salle de cinéma, avec d'autres gens qui regardaient la même chose que moi. Encore aujourd'hui, je ne vais presque jamais au cinéma tout seul. J'ai besoin de partager. Après la séance, j'aime bien prendre le temps de discuter avec les gens qui ont vu le même film que moi. On a vécu quelque chose ensemble. Aujourd'hui, en tant qu'adulte, c'est toujours le même émerveillement. Lorsque l'on arrive à oublier toute la mécanique du film, tout l'aspect technique, je trouve ça fascinant et je suis très admiratif de cette représentation du "faux réel".



Qu'est-ce qui vous touche tout particulièrement?

La musique. Lorsque la musique est utilisée intelligemment. Dans les films de Tarantino par exemple. Je trouve que Tarantino sait très bien utiliser la musique. Dans Jackie Brown par exemple. C'est fabuleux! Ou alors Amélie Poulain. J'essaie toujours de retrouver les musiques de film. Je les écoute aussi. J'écoute beaucoup de musique en général. J'utilise la musique pour sublimer les instants de la vie. J'essaie toujours d'écouter la musique qu'il faut au moment il faut. Si j'ai besoin d'énergie ou alors si j'ai besoin de me calmer.
Sinon, je suis sensible au rythme du scénario ou à la photo, mais je ne théorise pas. La photographie d'un film me touche, sans que je me rende vraiment compte de ce qui me touche. Ce n'est qu'après, en lisant des critiques par exemple, lorsqu'un élément est souligné, que je me dis :"Oui, c'est ça.".  Pour ce qui est du scénario, j'apprécie les films où l'on rit et où l'on pleure. Un bon exemple, c'est Intouchables. Là, je dis simplement: "Merci!".

Mathieu, vous avez 3 enfants, âgés entre 8 et 3 ans. Quels sont les films que vous leur proposez?

Alors, ils ont déjà leurs propres goûts! Ils aiment bien les films de Pixar par exemple. Mais ces temps, ce sont surtout les "Kung-Fu Panda" que l'on regarde. Ils sont aussi très drôles pour les adultes. C'est toujours un moment privilégié en famille. On se met au lit et on regarde un DVD.
Je me suis aussi rendu compte que le cinéma a beaucoup d'impact sur les enfants. Lorsque mon fils a pleuré en regardant "L'Âge de Glace", au moment où l'on croyait que le tigre était mort, moi ça m'a fait quelque chose. C'était la première fois que mon fils pleurait pour quelque chose qui était extérieur à lui. D'où l'importance d'accompagner les enfants, de regarder les films avec eux, pour pouvoir, le cas échéant les sortir du film et leur dire: "Ce n'est qu'un film!". Jamais je ne laisse mes enfants regarder un film tout seuls. Malgré cette force que peut avoir le cinéma sur les enfants, cela leur permet de découvrir des sentiments et de s'enrichir émotionnellement, mais toujours en étant accompagnés. Je suis aussi très attentif aux âges recommandés. Je ne cherche pas particulièrement à les sur-protéger, mais j'estime qu'on doit leur tenir la main. Je n'hésite d'ailleurs pas à stopper le visionnage d'un film lorsque je me rends compte que les émotions sont trop fortes. Mes enfants regardent aussi des films avec leurs grands-parents, mais là, ce sont surtout les films de Chaplin.

Vous parlez beaucoup d'émotions. Pour vous, c'est un mot indissociable du cinéma?

Absolument. C'est surtout un lien entre les gens. Je ne vais que très rarement au cinéma tout seul, parce que ce que j'aime dans le cinéma, c'est l'après-cinéma. Ce sont les discussions qui en découlent. On peut ne pas avoir les mêmes goûts avec les amis avec qui l'on va au cinéma, il y aura toujours des émotions qui nous relient. Les films résonneront différemment d'un individu à l'autre, en fonction de son parcours de vie. On discute, on échange, on a des goûts et des opinons qui différent, mais cela n'entamera jamais la relation de base. Et tout est une démarche qui tend au plaisir. Même regarder ce que certains considèrent comme un "mauvais" film peut procurer du plaisir. Actuellement, je recherche des films qui me procurent de l'harmonie, qui sont apaisants et drôles. Oui drôles. Qu'est-ce que c'est difficile de faire rire! C'est tout un art!

Justement Mathieu, le film pour rire, c'est lequel?

"Le Dîner de Cons". J'ai beaucoup ri. Je trouve qu'il est très bien écrit. Et Francis Huster qui d'ordinaire est plutôt sinistre, là, il part dans un fou rire. J'adore. Et puis tous ces films où on se sent bien après les voir vus. Sinon, il y a encore un film complètement délirant, "Woody et les robots". Le délire c'est très difficile à maîtriser, mais quand ça va jusqu'au bout de l'idée et que c'est totalement assumé, c'est délicieux.

Restons dans les émotions, le film pour pleurer?

"Tandem" de Patrice Leconte. Un film qui parle d'une belle amitié entre deux hommes. Ou alors "Le premier jour du reste de ta vie" avec Zabou Breitman et Jacques Gamblin. Très touchant. Et bien sûr Clint Eastwood avec "Sur la route de Madison" ou "Gran Torino". Avec "Gran Torino", tu te fais avoir. Eastwood t'attrape au contour et tu lui dis: "Merci. Merci d'avoir été plus malin que moi!". Sinon, il y a aussi ce film avec Cameron Diaz où elle est mère de deux fillettes, une atteinte d'un cancer et l'autre donneuse potentielle qui pourrait sauver sa soeur. Une histoire un peu complexe. Mais il y a une belle musique d'Edwina Hayes, "Feels like Home" qui m'a touché (et là Mathieu Fleury de sortir son Iphone et de me faire écouter la chanson...). Oui, je n'ai pas honte de dire que cette grosse mécanique hollywoodienne m'a touché.



Continuons sur notre lancée... le film pour séduire, Mathieu Fleury?

Clairement "Le Grand Bleu" ou "Top Gun", bon ça c'était quand j'étais ado. Sinon, "Roméo et Juliette" de Baz Luhrmann et cette magnifique rencontre autour d'un aquarium. Oui, à ce moment-là, tu y crois!! Mais aujourd'hui, pour séduire, je ne vais plus au cinéma, d'ailleurs, je ne sais plus comment faire! Non, aujourd'hui, j'emmène mon épouse au restaurant et on parle.

Du tac au tac Mathieu, le dernier film que vous ayez vu?

 "Les infidèles" de Jean Dujardin et Gilles Lellouche

Votre film culte?

 "The Big Lebowski" ou "No Country for old Men". J'adore les frères Cohen.

Votre acteur/actice préféré-e?

Jacques Gamblin. Il est fin et dégage beaucoup d'émotion. Justement à ce propos, je suis admiratif du métier d'acteur. Malgré tout ce qui les entoure (équipe technique, etc...) ils arrivent à faire passer des émotions ou à retranscrire des scènes de vie. Vraiment, je suis admiratif.
Il y a aussi Tom Hanks (et ce n'était pas gagné pour lui!), spécialement dans "Philadelphia". Là, encore un exemple où la musique a beaucoup d'importance.

Des répliques cultes?

Non, pas spécialement. Mais des scènes cultes auxquelles je me réfère de temps en temps. Mais si je prends l'exemple de "La Vérité si je mens". Incroyable le nombre d'expressions qui sont entrées dans le langage commun. Et dans les scènes cultes, il y a aussi celle dans "Amélie Poulain" où le souffleur depuis la bouche d'égout lui souffle ce qu'elle doit dire au vendeur de fruits et légumes. Ce film, c'est un anti-dépresseur de première classe! Il devrait être délivré sur prescription et remboursé par les caisses-maladie! Il représente un peu tout ce que l'on aimerait être. Et si on prend un autre exemple, dans "Zorba, le grec", ma femme est d'origine grecque, et bien quand on n'arrive plus à exprimer ses sentiments, et bien, on danse. On aimerait pouvoir appliquer cela dans la vie quelques fois.

Mathieu, vous lisez les critiques de cinéma?

Oui et non. Je les lis après avoir vu le film en général. Je préfère d'abord aller au contact du film. Et après, je veux bien qu'on me prenne par la main, qu'on me donne certaines clés.

Un dernier mot ?

Ne pas perdre le plaisir!



Propos recueillis le 30 avril 2012 / Cinécution





lundi 23 avril 2012

LE ROI ET L'OISEAU - Paul Grimault - 1980


Pourquoi Le Roi et l'Oiseau? Parce qu'il est urgent de mettre de la poésie dans nos vies!

Je l'ai revu ce dimanche. Une envie. Je repensais aux films d'animation que j'avais vus enfant et celui-ci, de même que La Rose de Bagdad d' Anton Gino Domenighini (http://youtu.be/a033p05Zzqs), sont les deux qui m'ont marquée.


L'Histoire d'une rencontre, 30 ans de travail

 
Fin de la 2ème Guerre Mondiale, Jacques Prévert et Paul Grimault se rencontrent. Ils réalisent ensemble Le Petit Soldat. Regardez-le, vous allez en tomber amoureux, je vous le garantis! => http://youtu.be/HlN5zJCHNuo

Prévert et Grimault en 1945

Prévert et Grimault décident de continuer à travailler ensemble et décident d'adapter un conte d'Andersen: La Bergère et le Ramoneur. Ils ne conserveront cependant que les deux personnages principaux, le ramoneur et la bergère. Dès 1945, Prévert commence à élaborer un premier scénario. Ils se rencontrent régulièrement avec Grimault, se laissant des moments de réflexions personnelles où ils ne se rencontrent pas. Jusque vers 1950, Grimault forme une quantité phénoménale de nouveaux animateurs et réussi à réunir plus d'une centaine de personnes autour de lui, constituant ainsi une des équipes les plus importantes d'Europe. Il crée ensuite avec son ami André Sarrut, une société de production Les Gémeaux. Les soucis financiers s'accumulent. Sarrut reproche à Grimault son perfectionnisme. Les deux amis se fâchent. Sarrut décide de sortir La Bergère et le Ramoneur, sans Grimault et son équipe. Prévert et Grimault refuseront de signer cet ouvrage car il ne correspond pas à leurs souhaits. Nous sommes en 1953. Sarrut et Grimault ne se parleront plus jamais.


En 1967, Grimault récupère les droits et le négatif du film. Mais Grimault a évolué. La version de 1953 ne lui correspond plus. Il entreprend dès lors de la revisiter. Il cherche à nouveau des fonds. Des propositions lui viennent des Etats-Unis et de Russie, mais Grimault les refusent. Il souhaite conserver son équipe et rester là où il est. Hors de question pour lui de délocaliser la production de ce film. Finalement, après presque 10 ans, il obtient une aide du CNC (Centre national de la cinématographie), de Robert Dorfmann (qui à l'époque avait déjà produit Le Passe-Muraille ou encore Jeux Interdits), ainsi que le soutient d'Antenne 2 (actuelle France 2).
Grimault travaille alors d'arrache-pied, avec une équipe réduite, mais hautement performante, entre 1977 et 1979. Prévert et lui se voient régulièrement, améliorent le scénario originel, l'enrichissent. Prévert déjà très malade s'impliquera jusqu'à son décès en 1977. Le conflit entre le roi et l'oiseau prend de l'importance, pour finalement s'imposer. Le Roi et l'Oiseau est donc un nouveau film.

Paul Grimault a eu une très grande influence sur le monde du film d'animation, notamment pour les deux fondateurs des Studios Ghibli, Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Leurs noms de vous disent rien? Mais vous avez vu leurs films: Mon Voisin Totoro (http://youtu.be/TuLX50_5UAI) , Princesse Mononoké (http://youtu.be/VHtgGmdoYiU) ou le Voyage de Chihiro (http://youtu.be/eik3angwgD4), ours d'or à Berlin en 2002 de Miyazaki, et l'inoubliable Tombeau des Lucioles de Takahata (http://youtu.be/9_KCRIDbEXM).

Merci à Florence Pommery, dont le dossier hyper complet publié en 2003 a servi de référence.


 



Le Roi et l'Oiseau: le film


ATTENTION SPOILERS!

Le roi Charles Cinq et Trois font Huit et Huit font Seize règne sur le royaume de Takicardie. C'est un tyran mégalo, obsédé par son image. Il fait d'ailleurs fabriquer, dans une usine toute consacrée à cela, des bustes à son effigie. Le royaume regorge de représentations du souverain (statues, bustes, portraits...). Le roi est secrètement amoureux d'une bergère qui orne un des tableaux présents dans sa chambre située dans ses appartements secrets. Mais cette dernière est amoureuse du ramoneur qui se trouve sur le tableau juste à côté d'elle. Un soir, les amoureux s'enfuient. L'image du roi représentée sur un tableau en court d'élaboration part à leur poursuite, escortée par la police. Le royaume est averti : une charmante bergère et un petit ramoneur de rien du tout, de rien tout, se sont enfuis. L'oiseau, qui est le pire ennemi du roi (et symbole de liberté), vient en aide à nos deux fugitifs. Malheureusement, le roi, avec l'aide de son gigantesque robot (que l'on découvrira capable de sentiments) attrape la bergère. Il envoie le ramoneur et l'oiseau à l'usine, pour finalement les jeter aux lions. Nos deux malchanceux s'en feront des amis et réussiront à interrompre le mariage entre le roi et la bergère. Le roi prend la fuite avec la bergère toujours prisonnière sur son automate. Mais l'oiseau réussit à prendre les commandes du monstre d'acier. Il fait disparaître le palais, le royaume et son tyran. Le robot à la toute fin du film, libère une des dernières victimes du roi (un petit de l'oiseau) et détruit la cage dans laquelle il était retenu. Un véritable message de paix et de liberté.





Le Roi et l'Oiseau, c'est aussi une merveilleuse bande originale de  Wijciech Kilar (http://youtu.be/ocMZc3B_7gE), qui vous poursuit jusqu'à l'âge adulte et que vous vous surprendrez à siffloter un jour ou l'autre. Les textes des chansons interprétées dans le film sont signés Jacques Prévert et la musique Joseph Kosma. Les dialogues sont aussi de Jacques Prévert.

Le Roi et l'Oiseau véhicule aussi beaucoup de messages et fourmille de références (Fritz Lang et son Metropolis, Les Temps Modernes de Chaplin, le Penseur de Rodin, Inventaire de Prévert, et assimile même le Roi a un des dictateurs les plus sombres de l'histoire qui avait, parmi d'autres atroces credos, celui-ci : le travail rend libre...) Plongez-vous une fois dans tout cela et vous ne verrez plus jamais le Roi et l'Oiseau comme un film fait uniquement pour les enfants.

"Je pense toujours à ceux qui verront nos films, tout ce que nous avons voulu leur dire, tout ce que nous avons semé ne disparaît pas définitivement à la fin du spectacle (…) Un film n’est jamais terminé ; c’est dans l’esprit du spectateur qu’il poursuit son chemin et que la graine, s’il y en a une, va commencer à germer ". Paul Grimault
Votre Cinécution

dimanche 22 avril 2012

DRACULA

Le Dracula de Francis Ford Coppola est peut-être le plus connu des Dracula pour les gens de ma génération. Je crois qu'on l'a tous vu au moins une fois. Aujourd'hui, il sert de point de départ pour vous parler de Dracula: son mythe, ses origines, ses représentations en littérature et surtout, au cinéma. Le cinéma qui, sans aucun doute, lui a donné une aura particulière qui fascine encore aujourd'hui.  La complexité du personnage de Dracula, sans cesse réinventée, réanalysée, notamment par la psychanalyse moderne (association d'Eros et Thanatos, du désir sexuel et de la mort, le questionnement de limites, entre le bien et le mal, l'homme et la bête) a fait de  Dracula un mythe moderne. Mes lectures m'ont fait découvrir qu'il y aurait eu plus de 200 films sur le sujet. Autant vous dire qu'il m'est  impossible de les recenser ici. Je vais cependant m'arrêter à quelques exemples, lesquels devraient vous montrer l'évolution du personnage.

DRACULA - Francis Ford Coppola - 1992

ATTENTION SPOILERS!

Cet adaptation au cinéma est probablement la plus fidèle au roman de Bram Stoker (publié en 1897). Certainement aussi la représentation la plus érotique de Dracula.

Coppola ouvre son film sur une espèce de prologue. Milieu du 15ème siècle, le chevalier Vlad, surnommé l'empaleur, mène une lutte sanguinaire contre les turcs qui ont envahi la Transylvanie. Il laisse derrière lui son épouse, Elisabetha. Laquelle se jette dans le fleuve qui coule aux abords du château lorsqu'elle apprend la mort de son époux. Mais Vlad n'est pas mort. Il revient au château et accablé de douleur il renie l'Eglise. Il promet de venger la mort de sa bien-aimée avec l'aide de pouvoirs obscurs. C'est la naissance de Dracula, le vampire.


Fin du 19ème siècle, Johnathan Harker, un jeune notaire, est chargé de conclure la vente d'une vieille abbaye londonienne. Pour ce faire, il est envoyé en Transylvanie. L'acquéreur de cette abbaye n'est autre que Dracula lui-même. Au fil de la discussion, Dracula découvre le visage de Mina, la fiancée de Johnathan. Il ressemble en tous points à celui d'Elisabetha. Il décide alors de la rejoindre à Londres. Harker est quant à lui retenu dans le château du comte, laissé en proie aux concubines vampires du comte qui peu à peu le vide de son sang. Il n'a plus de forces et vieilli prématurément.



Arrivé à Londres, le comte s'en prend à Lucy, la meilleure amie de Mina. Il la transforme en vampire et tire son énergie vitale du sang de cette dernière. Il a dès lors une apparence jeune et séduisante. Il peut alors se montrer à Mina. Arrive alors le Dr Van Helsing, appelé à l'aide, la santé de Lucy se dégradant de jour en jour. La conclusion est sans appel: Lucy est la victime d'un vampire. Van Helsing, un obsédé de Dracula, est persuadé que ce dernier rôde à Londres.
Pendant ce temps, Johnathan arrive à s'enfuir du château et à se réfugier dans un couvent. Il écrit à Mina de le rejoindre rapidement afin qu'ils se marient. Dracula, furieux, tue Lucy. Van Helsing, convaincu que Lucy n'est pas réellement morte, descend dans le caveau familial et trouve son cercueil vide. Lui et ses acolytes sont horrifiés lorsque cette dernière arrive avec dans ses bras un jeune enfant dont elle s'apprête à prendre la vie pour garantir sa "survie". Lucy est tuée d'un pieu dans le coeur et est décapitée.




Les époux Harker reviennent à Londres. Mina est mise à l'abri dans un asile psychiatrique situé dans l'abbaye. Dracula la rejoint. Totalement sous l'emprise séductrice du comte, Mina le supplie de faire d'elle une des siens et de lui donner la vie éternelle pour qu'ils restent unis à jamais. Le comte s'exécute. Van Helsing arrive avec son escorte de gentlemen et interrompt Dracula qui parvient à s'enfuir. Mina est hypnotisée et Van Helsing sait que Dracula est en chemin vers son château. Il doit arriver avant lui. Il prend Mina avec lui. Le comte pouvant lire dans les pensées de Mina, il sait très exactement où il se trouve. Mina se transforme petit à petit en vampire, invoque une tempête pour ralentir les hommes de Van Helsing. Peine perdue. Ils finissent par rattraper Dracula et lui plante un couteau dans le coeur. Mina l'emporte vers le château. Tout finit là où cela à commencé, dans la même église où Vlad, 4 siècles plus tôt à renier Dieu. Pris de remords et avec un besoin évident de rédemption, il supplie Mina de le libérer. Elle le tue et le décapite.



Coppola fait de son Dracula, contrairement à Bram Stoker qui le décrivait comme une chose désincarnée, un être pourvu de sentiments et à l'attraction sexuelle indéniable. Une espèce de héros romantique que l'on pourrait presque plaindre, tant sa quête pour retrouver son amour de toujours est intense. L'érotisme véhiculé par ce Dracula a d'ailleurs été reproché à Coppola.

Dracula dans la littérature

Vlad Tepes
Les vampires, de façon plus large, sont des mythes populaires. On commence à parler des vampires au 18ème siècle déjà, plus particulièrement dans les Balkans. Ils sont décrits comme des morts vivants, des êtres damnés qui se nourrissent du sang de leurs victimes pour recharger leur énergie. La rage, la tuberculose ou encore la décomposition naturelle des cadavres alimentent le mythe du vampire.
Le vampire prend définitivement ses quartiers dans la littérature dans le courant de la première partie du 19ème siècle, en pleine apogée du roman fantastique dont les figures de proue sont Mary Shelley (Frankenstein), John Polidori (Vampyre) ou encore Edgar Allan Poe, maître incontesté du genre. Les écrivains français se sont également intéressés au mythe du vampire, Théophile Gautier par exemple dans La Morte amoureuse parue en 1836, Lautréamont ou  Alexandre Dumas dans sa Dame pâle en 1849.
En 1897, Bram Stoker publie son Dracula. Il s'inspire d'une histoire slave, celle de l'empereur Vlad Basarab surnommé "Tepes" (l'Empaleur). Un souverain particulièrement rigide et qui aurait tué plus de 30'000 turcs au milieu du 15ème siècle. Son nom est souvent associé à celui de Dracula, bien qu'en fait, ils n'aient absolument aucun rapport. Probablement que cela a servi à Bram Stoker pour donner une incarnation à son Dracula dans le but de le rendre plus horrifiant, le lecteur pouvant le lier à un personnage ayant réellement existé. Les histoires de vampires ont toujours fasciné. Encore aujourd'hui, elles alimentent bon nombre de fantasmes. La Saga du désir interdit (Twilight) de Stephenie Meyer est un exemple parmi tant d'autres (l'adaptation cinématographique n'est pas très heureuse dans ce cas précis).
Sinon, pour avoir traversé la Roumanie du nord au sud en 1997, je peux vous dire que le mythe de Dracula est bien vivant dans le nord du pays. Au-delà d'une simple attraction touristique, Dracula (qui signifie diable ou dragon) est une légende. De ces légendes qui fascinent autant qu'elles effraient. Vlad Tepes est quant à lui un personnage historique dont les roumains ne peuvent s'arrêter de parler. Posez-leur des questions, ils sont intarissables sur le sujet!

Ruines du château de Vlad à Poienari, Roumanie

Dracula au cinéma

La toute première adaptation au cinéma du Dracula de Bram Stoker daterait de 1921, dans une obscure version austro-hongroise, "Drakula halala", réalisée par Kàroly Lajthay. On a perdu toute trace de ce film. Ils subsistent quelques photos, dont celle ci-dessous:


Drakula halala - 1921
L'adaptation au cinéma qui reste dans les mémoires comme étant la première vraiment significative, est celle de Friederich Wilhelm Murnau en 1922: Nosferatu. Murnau, ne voulant pas payer les droits d'auteurs, a changé le nom de Dracula en Orlock. Ce film muet, qui représente Dracula d'une façon très fantasmagorique, est un chef d'oeuvre de l'expressionnisme allemand. Pour les plus curieux d'entre vous, vous pouvez très facilement le trouver en intégralité sur le net (je ne devrais pas vous le dire, mais on doit le voir une fois dans sa vie!).


C'est finalement en 1931 que les studios Universal s'emparent des droits d'auteurs et donnent "ses lettres de noblesses" au mythe du comte Dracula. Bela Lugosi donne pour la première fois, une image un peu plus sensuelle du vampire dans le Dracula de Todd Browing. Bela Lugosi a interprété 4 fois Dracula au cinéma. Pour l'anecdote, Lugosi, tellement imprégné par ce personnage, fut enterré avec la cape du célèbre vampire, à la demande son épouse. Un peu glauque, non?


Le vampire a aussi pris les traits d'une femme (Gloria Holden) en 1936 dans la fille de Dracula => http://youtu.be/erAoNNWKiRE

A la fin des années 50, ce sont les studios anglais Hammer qui reprennent le flambeau avec Le Cauchemar de Dracula en 1958. Le rôle du machiavélique vampire est assuré par Christopher Lee, qui aura lui aussi beaucoup de mal à se défaire de cette image. Il incarnera Dracula 10 fois, toujours pour des histoires tournant autour du célèbre buveur de sang, et toutes produites par les studios Hammer.



Bien que ne faisant pas du tout mention de Dracula, je suis presque obligée de vous parler du Bal des Vampires de Polanski qui réconcilia les amateurs du vampirisme avec le genre, après une décennie d'errance entre différentes séries B de plus ou moins bon goût. Polanski réinvente le genre et crée un univers où le vampire a une certaine humanité (un est sourd, l'autre homosexuel) et où il est drôle => http://youtu.be/AMBTP4uY1cU

Les années 70 voient arriver le magnifique Nosferatu de Werner Herzog avec un Klaus Kinski terrifiant.


En 1983, Tony Scott s'empare du mythe des vampires pour faire apparaître ces créatures dans notre quotidien. C'est la période du néo-vampirisme. En l'occurrence, ils prennent ici les traits de David Bowie (fan de Bowie, je suis obligée de vous en parler!) et Catherine Deneuve.



Dans les années 90, ce sera le retour du vampire "classieux et élégant". Un charmeur aux vils desseins. En 1992 Dracula de Coppola et en 1994 Entretien avec un vampire de Neil Jordan.
Le plus trash Vampires de John Carpenter sort en 1998.



Les années 2000 débutent par un film produit par Wes Craven et réalisé par Patrick Lussier, Dracula 2000 => http://youtu.be/XOKKL_rwoKk

Et les heureux chanceux qui fréquenteront les séances de minuit à Cannes pourront voir le Dracula de Dario Argento en 3D...



Votre Cinécution

jeudi 19 avril 2012

CANNES 2012 - I

Alors qu'en fin de matinée les réseaux sociaux se sont affolés, que c'était presque la guerre pour être le(la) premier(-ère) à dévoiler la sélection officielle du prochain festival de Cannes, moi je travaillais. Avec tout de même, je l'avoue, un petit oeil sur les communiqués de presse. Ben oui, c'est THE FESTIVAL DE CANNES quand même! Et pour la 65ème édition! Ne pas vous en parler eût été un crime de lèse majesté!



Bon, vous êtes curieux? Encore un peu de patience... Je me suis demandé comment j'allais vous parler de cette sélection officielle? Faire un palmarès fictif? Déjà fait. Et tellement bien fait que je ne m'y risquerai pas. Vous livrer le nom des films à l'état brut? Gnangnan... Je vais donc le faire à ma sauce. Ce n'est pas cérébral, c'est viscéral!

En compétition...... roulements de tambour.. tada! :


Film d'ouverture:

MOONRISE KINGDOM de Wes Anderson

La famille Tenenbaum (http://youtu.be/8Eg6yIwP2vs), c'est lui. Lui qui? Wes Anderson. 43 ans, américain, indépendant. Vive le cinéma indépendant américain!

Moonrise Kingdom? Une histoire d'amour entre deux enfants qui décident de s'enfuir. Une floppée de personnages hilarants et burlesques (on retrouve d'ailleurs Bill Murray, que personnellement j'adore! Bill, si tu me lis... mon numéro +41 79 ...). A mon humble avis, un grand moment en perspective.

Sortie en suisse romande prévue le 16 mai... save the date!




DE ROUILLE ET D'OS de Jacques Audiard

Fils du grand Michel, Jacques Audiard a écrit beaucoup de scénarios, réalisé beaucoup de clip vidéos notamment pour Baschung. Un film pour les inconditionnels de Marion Cotillard. De plus, son personnage s'appelle Stéphanie... et Bouli Lanners qu'on aime. De Rouille et d'Os est le 6ème long-métrage de Jaques Audiard. Il en est également le scénariste. => http://youtu.be/6Yw7LxJfpyo

Sortie en suisse romande prévue le 16 mai.

HOLY MOTORS de Leos Carax

"24 heures de la vie d’un homme qui voyage de vie en vie. Un être qui enchaîne les vies qui ne sont pas sa vie, qui tue des ennemis qui ne sont pas ses ennemis, qui embrasse des femmes qui ne sont pas les siennes. Où est sa maison, sa famille, son repos ?"

5ème long-métrage de Leos Carax, réalisateur des Amants du Pont-Neuf et de Pola X. Un film fantastique.



COSMOPOLIS de David Cronenberg

Faut-il encore présenter ce cinéaste canadien? La bande-annonce vous donnera envie de réserver le  23 mai, date de sa sortie en suisse romande.



THE PAPERBOY de Lee Daniels

Son dernier film, en 2009, c'était Precious (http://youtu.be/krQiRIUSZs0).
Il revient avec un polar qui se passe en Floride en 1965.

Pas de date de sortie suisse trouvée.

KILLING THEM SOFTLY d'Andrew Dominik

Celui qui a réalisé le film au nom presque impossible à retenir, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, nous propose de nous plonger dans l'univers du poker.

Date de sortie prévue en suisse allemande: 15 novembre.

REALITY de Matteo Garrone

Je n'ai trouvé que très peu d'infos sur ce film. Je peux juste vous dire que Matteo Garrone a réalisé Gomorra. Reality nous parlerait du phénomène de télé-réalité. Laissons-nous surprendre.

AMOUR de Michael Haneke

Connu pour sa mise en scène sèche et brutale qui provoque des émotions fortes chez le spectateur, Haneke nous présente l'histoire d'un couple d'octogénaires dont l'amour est mis à rude épreuve lorsque leur fille est victime d'un AVC.
Personnellement, assez admirative de Haneke qui arrive à tirer en longueur des histoires où il ne se passe presque rien, je suis curieuse de découvrir ce film.

Sortie prévue le 1er novembre en suisse allemande.

THE ANGELS'SHARE de Ken Loach

Filmographie impressionnante que celle de Ken Loach. 29ème film en 45 ans de carrière. Faites la moyenne! Hallucinant! Un nouveau film toujours aussi réaliste que les précédents. A voir impérativement en VO, pour le délicieux accent écossais.




LIKE SOMEONE IN LOVE d'Abbas Kiarostami

Moi qui suis véritablement en amour avec le cinéma iranien, je ne peux que me réjouir.
Une grande ville japonaise, un vieux monsieur érudit, une jeune étudiante, un homme violent. Une journée qui va changer leur vie. => http://youtu.be/Y3tbi_EjAQk

MUD de Jeff Nichols

Alors là...  moi qui ai parlé de Take Shelter (http://youtu.be/I5U4TtYpKIc)  jusqu'à m'en fendre les lèvres pendant des jours et des jours, je ne peux qu'être impatiente.

"L'histoire d’une amitié entre un fugitif appelé Mud et un garçon de quatorze ans, Ellis, ce dernier s’efforçant d’aider son nouvel ami à échapper aux forces de l’ordre ainsi qu’aux chasseurs de prime, pour lui permettre de rejoindre son âme-sœur, Juniper."

J'ai juste une toute petite crainte... Matthew McConaughey et Reese Witherspoon... je dis ça, je dis rien... mais bon... on verra. Pas de sortie prévue avant 2013. Pas de bande-annonce non plus. On attendra donc et on rongera notre os en attendant.

LAWLESS de John Hillcoat

On nous promet un film de gangsters!  Le scénario est de Nick Cave (http://youtu.be/Y_2y9CmC_gY). C'est la 4ème collaborations de ces deux messieurs.
Et ça, c'est juste pour se faire plaisir, Nick Cave dans Les Ailes du Désir de Wim Wenders (http://youtu.be/NH8VAeqyvS8).



APRES LA BATAILLE de Yousry Nasrallah

Réalisteur égyptien de documentaires et de fictions, Nasrallah continue d'étudier "le rapport des individus avec les grands sujets historique ou sociaux" (extrait d'une interview au magazine Novo, en 2008). C'est l'après printemps égyptien qui nous est raconté dans ce film, au travers d'une rencontre entre une militante et un homme envoyé par Moubarak. Le printemps arabe qui a été le sujet de plusieurs films et documentaires excellents, dont Tahrir 2011 de Tamer Ezzat, Ayten Amin et Amr Salama (Asmaa) qui a été projeté au dernier FIFF. Après la bataille, un de ces films qui ne passera peut-être pas la frontière suisse, à regrets.

BEYOND THE HILLS de Cristian Mungiu

4 mois, 3 semaines et 2 jours (http://youtu.be/Wj4guY9JbkY), plame d'or 2007... un film qui avait marqué les esprits. Le cinéaste roumain nous emmène dans une sombre histoire d'exorcisme... Pas de sortie suisse prévue pour le moment.

VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU d'Alain Resnais

90 ans le bougre! Et une telle promesse! Alain Resnais nous appâte comme un adolescent.
Un écrivain de pièce de théâtre convoque, après sa mort, différents comédiens qui ont joué dans différentes version de sa pièce (Eurydice). Il a besoin de leur avis. Une troupe de jeune comédiens vient en effet de lui demander l'autorisation de monter cette pièce. Ils ont pour mission de visionner les répétitions.

Entouré de ses acteurs fétiches, Sabine Azéma, Pierre Arditi, Resnais promet, par le titre de son film, de nous surprendre...

Sortie suisse prévue le 26 septembre...

DANS LA BRUME de Sergei Loznitsa

Déjà présent à Cannes en 2010 pour My Joy (http://youtu.be/C45v9ffd3OI), le cinéaste ukrainien nous plonge dans la Deuxième Guerre Mondiale. Comment trois hommes se sont retrouvés engagés dans la guerre.



IN ANOTHER COUNTRY de Hong Sangsoo

Un film sud-coréen avec Isabelle Huppert (déjà présente dans le film du philippin Brillante Mendoza à Berlin, "Captive"). Isabelle Huppert interprète ici 3 rôles de femmes aux destinées différentes, mais au prénom identique: Anne.

Hong Sangsoo est un habitué de Cannes. C'est sa 4ème participation. La 3ème fois en compétition.

Je n'ai pas trouvé de date de sortie en Suisse.



THE TASTE OF MONEY de Im Sang-Soo

Déjà sélectionné en 2010 pour son Housemaid (http://youtu.be/CvZowWUNRh4), un thriller érotique, Im Sang-Soo revient... avec un thriller érotique. Pour ma part, j'aime le cinéma sud-coréen, que je trouve complètement fou. Je n'ai pas trouvé de date de sortie en Suisse, mais je garde l'oeil ouvert, et le bon! Plus que des mots, laissons parler les images...



POST TENEBRAS  LUX de Carlos Reygadas

Prix du Jury en 2007 pour Lumière silencieuse, le mexicain Reygadas revient à Cannes. Je dois avouer que je n'ai jamais vu de film de Reygadas. Honte à moi? Peut-être... Alors on découvrira tout ça ensemble...

ON THE ROAD de Walter Salles

Presque comme son nom l'indique, il s'agit d'un road movie adapté d'un roman homonyme de Jack Kerouac.

"Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes."

Sortie Suisse le 23 mai.



PARADIS: AMOUR de Ulrich Seidl

L'Express nous définit le film en une phrase: "Variation autour de la sexualité"

Le cinéaste autrichien, plutôt un habitué du documentaire, a tout de même réussi avec son première long-métrage, Dog Days (http://youtu.be/qvgfBpE04gg), à remporter le Lion d'Or à Venise en 2001.

Pas trouvé de date de sortie en Suisse... on compte sur les ciné-clubs.




THE HUNT de Thomas Vinterberg

Tout le monde a en mémoire l'atroce Festen. Atroce mais génialissime Festen, qui nous aurait presque fait annuler tous les repas de famille prévus pour l'année en court. Une nouvelle fois Vinterberg aborde le thème du mensonge et plus particulièrement des ragots dont nous sommes tous, il faut bien l'avouer, les coupables affamés.

Sortie Suisse indéterminée.

Film de clôture:

THERESE DESQUEYROUX de Claude Miller

Disparu il y a deux semaines, voici le dernier film de Claude Miller.






Voilà, nous avons donc fait le tour des films sélectionnés en compétition entre le 16 et le 27 mai à Cannes. Cannes, qui reste toujours désespérément fermé au public! Pour plus d'infos, notamment sur les autres sections, je vous encourage à suivre le lien suivant: http://www.festival-cannes.fr/fr/article/58878.html.

Pour ma part, je vais conclure avec un petit clin d'oeil aux séances de minuit dont je suis tout particulièrement friande. Cannes a aussi ses séances de minuit! Et cette année, les chanceux pourront voir Le Dracula de Dario Argento... en 3D!





Votre Cinécution

mardi 17 avril 2012

ERASERHEAD - David Lynch - 1977

ATTENTION SPOILERS!

Le film dont personne ne voulait! Même le American Film Institut, qui avait pourtant donné une somme considérable à David Lynch pour réaliser Eraserhead sous forme de court-métrage suite à son prometteur  Grandmother (http://youtu.be/QLIxS7Bdz10), se retire lorsque le projet de Lynch prend de l'ampleur et dépasse le minutage convenu. Mais Lynch ayant une réserve suffisante de pellicules, continue. Un tournage qui va lui prendre 4 ans!


Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut se mettre "en condition"...

In Heaven, everything is fine...



Le rêve comme seule échappatoire possible? Avec la mort et la folie, c'est un leitmotiv chez Lynch. David Lynch, un des grands cinéastes capable de mener le spectateur où il veut, de le déboussoler, de le perdre, de le noyer. Il fait de nous ce qu'il veut, pour autant que l'on laisse de côté notre esprit rationnel. Mais il nous ne donne pas de réponses. Il nous égare bien soigneusement, plan après plan et nous laisse avec nos interrogations. Chacun est dès lors susceptible d'avoir sa propre interprétation.  Lynch est à mon sens beaucoup moins complexe que l'on pourrait le croire. Si l'on accepte d'ouvrir notre esprit à la poésie, même sombre, on est transporté. Pas besoin d'analyser, il faut laisser l'univers de Lynch venir à nous. On dirait le discours d'une allumée? Peut-être. Mais surtout celui d'une admiratrice du discours lynchien.



David Lynch


Eraserhead n'est pas un rêve, mais un cauchemar. Angoissant, pesant. Empreint d'un surréalisme plein de poésie malgré la noirceur du propos. Tout est sombre. Dès les premiers plans. Après un prologue que l'on ne comprend pas tout de suite, mais qui en fait est un rêve, Henry déambule dans une zone industrielle glauque. Tout est sale, laissé à l'abandon, tout sent la mort. Il se promène, nous fait découvrir son univers, on ne sait pas tout de suite où il va. Mais l'on remarque déjà à son comportement qu'Henry est différent. Sa démarche est particulière. Son pas atypique.Etonnamment, j'ai pensé à des scènes de films de Buster Keaton. Henry étant gauche, maladroit, mettant le pied dans la seule flaque aux environs. Il est vêtu d'un costume dans lequel on a un peu le sentiment qu'il a "grandi dedans". Sa position corporelle est très renfermée. Henry est un introverti, un angoissé. Henry est un homme torturé en quête du bonheur. Il fréquente une femme qu'il n'aime pas, Mary. On sent très clairement dès la première apparition de Mary qu'il y a un mur entre ces deux-là. La famille de Mary est une famille où chacun se tient à une "bonne" distance l'un de l'autre. Henry et Mary ont un enfant ensemble. Cet enfant est un monstre. Mais cet enfant, c'est la représentation de l'inconscient d'Henry. Seul lui peut s'en occuper. L'enfant se calme lorsque Mary ne supportant plus les pleurs de l'enfant quitte Henry et le laisse seul avec l'enfant difforme. L'enfant est comme Henry, solitaire.



Dès le départ de Mary, se succèdent pour Henry une série d'événements curieux. Henry rencontre la dame qui vit dans son radiateur. Une blonde au visage angélique, si ce n'est qu'elle possède une paire de joues disproportionnées. Cette femme chante dans le radiateur de la chambre d'Henry. Henry reçoit aussi la visite de sa belle voisine, avec laquelle il aura une relation sexuelle (vision de ce que sa vie pourrait réellement être). Henry fait ensuite un rêve où son cerveau est utilisé comme gomme au bout d'un crayon.





Revenu de ce rêve, Henry veut revoir sa voisine, mais il la découvre en compagnie d'un autre homme. Le bébé se moque d'Henry et rigole. Henry devient fou et tue l'enfant. Henry est soulagé, il a tué la bête. Un suicide mis en scène? Toujours est-il que le film s'arrête là, après que la dame du radiateur soit revenue chercher Henry.



Un film déroutant qui nous livre des scènes irréelles de manière brutale. Pas de distorsions du réel, non, tout est surréel d'entrée. Aucune possibilité pour le spectateur de s'accrocher à des éléments du réel, il n'y en a pas. Pas plus qu'il n'y a une vraie trame à laquelle se référer. Eraserhead est quasi irracontable. On peut sortir quelques éléments, mais ce qui prime, ce sont les ressentis. Eraserhead c'est un cinéma qui fait appel aux sens. Lynch nous ouvre tous les sens, nous laisse à vif, mais livrés à nous-même. Spectateur, débrouille-toi!

Le titre "français" d'Eraserhead est Labyrinth Man. Pour être un labyrinthe, c'est un labyrinthe. Mais un de ceux où l'on aime se perdre.

Eraserhead est un film dont personne ne voulait au départ. Trop atypique, dérangeant. Il entre alors dans le circuit des Midnight Movies. Séances de minuit qui ne doivent leur succès qu'au bouche à oreille. Dans ce même circuit, on trouve des films comme El Topo de Jodorovsky, Pink Flamingo de John Waters, The Rocky Horror Picture Show de Sharman, La Nuit des Morts vivants de Romero, The Wall d'Alan Parker ou encore Harold et Maud de Ashby! Des films dont on ne pourrait décemment plus se passer.





Votre Cinécution


samedi 14 avril 2012

TWIXT - Francis Ford Coppola - 2011


Cher Francis Ford,

Ce soir, j'ai vu TWIXT. Bien à toi.

S.


Si je ne t'aimais pas autant, ma lettre s'arrêterait précisément là. Mais je t'aime tellement que je te dois des explications. Et j'ai aussi des questions à te poser.



Toi qui fais partie intégrante de mon univers de cinéphile, qui a réalisé des films qui m'ont marquée (La Trilogie du Parrain, Apocalypse Now, Rusty James, Dracula ou plus récemment le délicat Homme sans âge ou le très personnel Tetro), tu m'as, avec ce film, fait perdre tous mes repères. J'en ai tellement perdu mes marques que j'ai très vite décroché, ayant l'impression d'être en face d'une grande farce de gosse. Certes, j'ai beaucoup ri, mais était-ce vraiment le but de ton film?

Tu nous parles de cet auteur de livres de sorcellerie en manque d'inspiration (et de lecteurs), Hall Baltimore (Val Kilmer, acteur sur le déclin depuis 10 ans!). Il se rend dans un bled paumé de Swann Valley pour une séance de dédicaces à laquelle personne ne vient. Personne, sauf le shérif local, Bobby LaGrange (Bruce Dern), grand bricoleur de nichoirs et obsédé par les vampires. Bobby explique à Hall que la petite ville a été le théâtre de plusieurs drames et qu'elle serait hantée. Une jeune fille vient d'ailleurs d'être assassinée. Bobby pense qu'il s'agit de l'oeuvre d'une bande de jeunes qui vivent de l'autre côté du lac. Bobby et Hall deviennent presque inséparables et entreprennent, sur la base de l'idée insistante de Bobby, d'écrire un livre sur les vampires. Enfin, je te dis tout ça, mais tu le sais, vu que tu as écrit le scénario.




Bref, Hall et sa femme étant financièrement pris à la gorge, Hall contacte son éditeur, lui fait part de son projet de livre sur les exécutions des vampires et le convainc de faire parvenir à sa femme une avance. Son éditeur lui impose comme condition de paiement de lui faire parvenir un résumé de son projet de livre.

Hall est face à la page blanche. Oui, Francis (je laisse tomber Ford, c'est plus commode)  c'est à ce moment-là que j'ai eu un gros fou rire. Entre le bureau mobile de Hall, la pub à peine déguisée pour Apple (hommage à Steve Jobs?), les faux glaçons et le monologue de Hall, c'est vraiment hilarant. Et c'est à ce moment-là que ça commence à se gâter sérieusement. Jusque là, j'aimais assez, c'était plaisant, je rigolais, j'avais plaisir à découvrir certains plans qui nous rappelaient (pour ceux qui auraient oublié) quel réalisateur de génie tu es (même si tu as puissamment abusé du split screen... ce qui franchement m'a agacée!). Après un cadrage à donner le tournis, Hall plonge dans sa première promenade onirique. Pour faire vite, il y fait la connaissance de V, le fantôme d'une jeune fille de 12 ans (on dirait plus une petite princesse gothique issue d'un manga qu'un fantôme). Il échange également avec le fantôme d'Edgar Allan Poe, maître de la littérature fantastique, lequel l'initiera à la bonne façon d'écrire, en lui parlant de son poème Le Corbeau.




Et là Francis, tu m'as déçue. Toutes les parties fantasmées, qui auraient pu avoir un réel sens, une réelle beauté, sont kitschissimes au possible. Elles ne sont pas seulement kitsch, elles sont aussi très imparfaites. On dirait que les images de synthèses (trop nombreuses, même hors des parties rêvées) ont été faites à la truelle (as-tu côtoyé Tim Burton pendant qu'il préparait son Alice?) Des découpages plus que limite, des insertions de couleurs de très mauvais goût (principalement du rouge sur des objets insignifiants, tels que les tapis ou les rideaux ou alors le feu. Le feu, je pourrais comprendre, pour sa notion de purification. Mais alors, pourquoi pas d'immolation?) J'étais triste, je me disais :"On a perdu Francis, c'est sûr!".

Tu as dit que ce film reposait en partie sur un événement personnel, à savoir la mort d'un de tes fils, qui a perdu la vie dans un accident de bateau (comme la fille de Hall). Que ce film, c'était un peu exorciser la culpabilité qui te rongeait, vu que tu as renoncé au dernier moment à l'accompagner. Mais alors, pourquoi en faire une telle farce? Est-ce un pied de nez à la mort? Je me suis interrogée. C'est la seule explication que j'aie, vu que la notion de culpabilité ne ressort pas chez Hall. Il dit qu'il a "honte" et non pas qu'il se sent coupable. Ce qui n'est pas la même chose. 

Et je ne parle même pas du final, parce que sincèrement, sans intérêts.

Francis, je suis dure, je le sais, mais n'est-on pas extrêmement exigeant avec les personnes que l'on aime le plus?

Heureusement, subsistent tes anciens films que l'on peut voir et revoir et qui sont majestueux. On va oublier TWIXT et dire que c'est une de ces maladresses que font les personnes qui retrouvent une pleine liberté de manoeuvre après avoir été "esclave", pour des raisons financières, des studios hollywoodiens, au point d'avoir même dû réaliser Captain Eo...

Affectueusement, malgré tout,

S.



jeudi 12 avril 2012

TROIS FILMS... dont je ne parlerai jamais!


L'idée de faire un blog, ou d'écrire tout simplement,  pour partager ma passion pour le 7ème art, me trottait dans la tête depuis de nombreuses années. Mais la vie étant ce qu'elle est, on procrastine indéfiniment. Probablement que ce n'était pas le bon moment. Soyons philosophes! Alors j'écrivais sur plein d'autres choses, pour moi. Ce n'est que depuis quelques mois que je commence à montrer ce que j'écris. Alors pensez bien, tous ces yeux aujourd'hui qui lisent mes mots, ça me fait quelque chose.

Ma famille connaissait mon goût prononcé pour le cinéma. Je tenais une vidéothèque quand j'étais pré-adolescente et jusqu'à l'apparition du DVD en fait. J'enregistrais les films qui passaient à la TV. Je programmais le magnétoscope s'ils étaient diffusés tard (ce qui m'a valu d'avoir quelques fois de longues minutes de pub avant un film ou alors de rater le début d'un film).

On regardait ces films en famille, souvent le samedi ou le dimanche soir, autour d'une fondue. C'était quelque chose! Dans certains films, lorsqu'il y avait des scènes un peu plus intimes, c'était : "Les enfants, tounez la tête!". Je prenais un coussin, je me le mettais devant la figure. Mais derrière mon coussin, je tournais la tête et je regardais. Mes parents ne l'ont su que bien des années plus tard. C'est assez mignon quand j'y repense.

Tout ça pour dire que je me réjouis de vous parler de plein de films que j'aime profondément (et que vous retrouverez dans la rubrique "Les films du grenier"). J'espère vous donner envie de les voir ou de les revoir. Eventuellement même de vous déplacer dans les nombreuses scéances organisées par les ciné-club par exemple. Pour info, je ne suis membre d'aucun ciné-club. Je suis un électron libre.

Mais, il y a trois films dont je ne parlerai jamais! "Et pourquoi donc?" me direz-vous? Parce que je les aime tellement que mis à part vous dire : "RE-GAR-DEZ-LES!!!", je ne saurai quoi vous dire. Ou alors je vous en dirais tellement que vous me détesteriez de vous en avoir dit autant! Et ces trois films, ce sont lesquels?

Les fameux trois films




CITIZEN KANE d'Orson Welles (1941)


http://youtu.be/zyv19bg0scg


LA NUIT DU CHASSEUR de Charles Laughton (1955)

http://youtu.be/Y8dX6ZKJe2o

LE VOYEUR de Michael Powell (1960)

http://youtu.be/rrZAKcWuuq8


Tout ce que je peux vous dire, c'est que vous ne regarderez plus jamais un film, quel qu'il soit, de la même façon après avoir vu un de ces trois films.

Votre Cinécution


mercredi 11 avril 2012

L'ENFANT D'EN-HAUT - Ursula Meier - 2012

Je l'attendais ce nouveau film d'Ursula Meier depuis la sortie de HOME en 2008! L'attente fut longue, mais le plaisir et l'émotion au rendez-vous. Je l'aime, le cinéma d'Ursula Meier. Simple, authentique, honnête et sincère.

Inspiré d'un lointain souvenir d'enfance de la réalisatrice qui a grandi au pied du Jura, l'Enfant d'en-haut est un bijou. Le genre de bijou que vous avez envie de montrer à tout le monde tellement il est beau et en même temps que vous avez envie de laisser dans son écrin, de ne l'offrir qu'à vos yeux, parce que vous avez juste le sentiment qu'il a été fait pour vous et rien que pour vous.



Simon, 12 ans. Un gosse qui a juste envie d'exister, de se faire une place. Un gosse qui crie son besoin d'affection et d'amour à s'en fendre la bouche.  Simon quitte la plaine tous les jours pour monter en station. Là-haut, tout est blanc, a priori pur. L'or n'y est pas jaune, mais blanc. Les gens sont chics, élégants, et profitent avec une nonchalance et une insouciance indécente des plaisirs de la montagne. Simon vole des skis, des lunettes de soleil, des casques, des gants... il les revend en plaine à ses copains. En-haut, il s'invente une nouvelle identité. Il s'appelle Julien et ses parents sont les riches propriétaires d'un hôtel de luxe. Il apprend l'anglais à l'aide d'un guide touristique destiné aux personnes qui fréquentent la station. C'est un bon moyen de les aborder que de savoir bredouiller quelques mots en anglais.


Louise est une jeune femme paumée. Elle enchaîne les relations amoureuses catastrophiques et les petits jobs. Louise se laisse aller, habitée par une espèce de désenchantement.  Elle n'est pas combative, ne s'inquiète pas vraiment de la situation précaire dans laquelle elle se trouve avec Simon. Elle profite de Simon et du bénéfice de ses larcins.



Ces deux personnages sont totalement livrés à eux-mêmes. Louise, quitte régulièrement l'appartement pour des durées indéterminées et réapparaît soudainement avec un quelconque nouvel amoureux. Malgré une scène de jolie complicité autour d'un sandwich au saumon, on sent rapidement que ces âmes partagent un lourd secret, des blessures profondes qui ne s'expriment que dans la violence. La violence verbale ou la violence du silence, de l'indifférence, du rejet.
Simon tente d'exister pour Louise autrement que comme une source de revenus et Louise prend la fuite. Louise fuit tout, jusqu'à elle-même et son propre respect. En fait l'Enfant d'en-haut c'est ça, deux grands cris d'amour qui s'adressent à des oreilles sourdes.

L'argent a aussi une place importante. Tout se monnaie. Tout. Même les sentiments et les moments de tendresse.

Le contraste entre la plaine du Rhône et la station est saisissant. Simon et Louise habitent une de ces HLM de la plaine du Rhône qui se trouve "du mauvais côté" du Rhône... celui où à 14h, il n'y a plus de soleil. Le côté où les montagnes, au lieu d'être fascinantes, sont oppressantes. Le côté du Rhône où les zones industrielles s'entremêlent avec les HLM disposées çà et là, le long de routes interminables. Le côté du Rhône séparé de la magie des stations de ski par quelques pylônes et des mètres de câbles. Ces télécabines qui montent et qui descendent m'ont fait penser à la circulation du sang dans le corps... bizarre hein? J'avais un peu le sentiment que c'était ce qui tenait en vie cette micro-famille par le fait que Simon les emprunte au quotidien.



Ursula Meier nous offre des moments d'émotions intenses. Des moments d'intimité entre deux êtres tellement forts qu'ils nous prenne à la gorge. Elle nous montre également que les montagnes ne sont pas seulement des lieux de tournages pour les films d'espions ou pour des comédies de plus ou moins bon goût. Non, les montagnes peuvent être vraies.

Ce qui m'a frappée dans ce film, c'est que contrairement à HOME, où tout se passait au "rez-de-chaussée", L'Enfant d'en-haut s'élève dans les étages. D'une part la tour HLM et d'autre part les montagnes. C'est comme si l'alpha avait rejoint l'omega, le nord le sud, l'ouest l'est. Une espèce d'accomplissement. Oui, je l'aime ce cinéma d'Ursula Meier.



Ce soir, j'ai vu l'Enfant d'en-haut pour vous... j'y retournerai, rien que pour moi.

Votre Cinécution