mardi 19 mars 2013

FIFF 2013 - Lundi 18 mars 2013

 
Aujourd'hui, dès la fin de la projection du premier film, j'ai su que ma journée allait être éprouvante. En effet, il m'a mis la peau à l'envers. J'étais dès lors à la merci de toutes les émotions qu'allaient me procurer ses petits frères. Et franchement, c'était rock'n'roll. J'ai souvent cherché de l'air, du répit... Aux alentours de 22 heures, alors que cela faisait déjà 10 heures que j'étais dans les salles avec en tout et pour tout, 35 minutes de temps de pause cumulé,  Thierry Jobin me pose sa désormais traditionnelle question: "Qu'as-tu le plus aimé jusqu'à aujourd'hui?". Les larmes me sont montées aux yeux en évoquant certains des films de la journée. Mon gros problème, c'est que je ne pleure pas uniquement quand c'est triste, je pleure également quand c'est beau. Émotive un jour, émotive toujours.

 

 

WATCHTOWER - Pelin Esmer - Turquie 2012

C'est l'histoire de deux solitudes. Nihat a accepté un travail de gardien anti-incendie. Toute la journée, il est seul au sommet de sa tour. On sent l'ennui et la tristesse de cet homme. Une pointe de culpabilité aussi. Il tente tant bien que mal de surpasser le chagrin des décès de son épouse et de son enfant. Seher, quant à elle, est une toute jeune femme, enceinte, qui travaille dans une station-service et qui fait aussi hôtesse dans un car. Elle porte en elle un bien lourd secret.
Que peut-il bien arriver lorsque ces deux solitudes, ces deux chagrins se rencontrent? Et bien cela donne "Watchtower" un film magistral de la réalisatrice turque Pelin Esmer. D'une beauté visuelle époustouflante, d'une intelligence rare, ce film m'a retourné la peau. C'est une histoire simple qui nous est racontée, avec tellement de justesse et sans le moindre chichi, qu'il en devient un incontournable de cette 27ème édition du FIFF.
 
 
A revoir mercredi 20 mars à 20h30 au Rex 1 et vendredi 22 mars à 12h30 au Rex 1, dans le cadre du FIFF.
 
 

 
 
 
 

IN THE NAME OF LOVE - Luu Huynh - Vietnam 2012

 
 
Un film qui commence avec une image très forte: une femme nue, sur une place publique, une pancarte autour des reins, mentionnant qu'elle est une "voleuse de mari". Avec ce premier plan, le ton, l'ambiance du film sont donnés: on va s'en prendre plein la face! Un film niais ou médiocre ne peu décemment pas commencer avec une image d'une telle intensité et d'une telle beauté. Oui, parce que ce film est esthétiquement parlant, irréprochable. C'est superbe!
L'histoire, quant à elle est tragique et s'articule autour de trois personnages. Khanh et Nhung vivent un amour quasi fusionnel. Rien ne peut entacher leur amour. Le jour où il s'avère que Khanh est stérile, Nhung décide de tout faire pour donner un enfant à son mari. Elle couche avec Linh, un pseudo artiste vendeur de tombola, alcoolique et violent au passé trouble. Sa femme et sa fille l'ont quitté brutalement. Il ne supportera pas très longtemps de voir son fils élevé par un autre que lui.
Ce film, à la construction narrative surprenante - utilisation de flashbacks qui se développent petit à petit pour réunir le puzzle - demande 5 à 10 minutes d'adaptation jusqu'à ce que l'on comprenne le procédé. Mais alors, une fois que l'on a compris, on est hypnotisé. Mais tétanisé aussi: le personnage de Linh est absolument ignoble: sa violence est crue, son esprit est malsain, son expression terrifiante. C'est un film oppressant dont on ne ressort pas indemne.
 
Comme une énorme envie de me plonger dans la filmographie de ce réalisateur américano-vietnamien dont c'est ici déjà le 4ème long métrage. "The white silk Dress", sorti en 2006 a reçu le prix du public au Busan International Film Festival. Rien d'étonnant à ce que les sud coréens ait aimé le cinéma de Luu Huynh, c'est un cinéma radical qui ressemble au leur.
 
A revoir mercredi 20 mars à 14h15 au Cap'Ciné 1 et samedi 23 mars à 12h au Cap'Ciné 5, dans le cadre du FIFF.
 
 
 

HERMANO - Marcel Rasquin - Vénézuéla 2010

 
 
 
 
Daniel et Julio ont été élevés ensemble comme deux frère, depuis le jour où Daniel a été découvert, bébé, dans des poubelles du barrio. Ils ont 18 ans, sont surdoués du football, fréquentent des filles, font la fête.  Daniel rêve de devenir une star du foot, quant à Julio, il magouille un peu avec les caïds du quartier et tente d'amener de l'argent à la maison pour nourrir la famille. Un jour, un recruteur d'un prestigieux club de foot frappe à leur porte. Mais c'est sans compter sur le drame qui va toucher cette fratrie particulière...
 
A revoir vendredi 22 mars à 18h au Rex 2, dans le cadre du FIFF.
 

 

 

 
 
 
 
 
 
 

SLEEPLESS NIGHT - Jang Kun-jae - Corée du Sud 2012

 
 
Un mini film d'une toute petite heure qui dépeint le quotidien d'un jeune couple marié depuis 2 ans. Ils se disent que peut-être il serait temps de faire un enfant. Oui, ok, super, mais comment? Faut-il le programmer? Faut-il laisser faire la nature? Mais accueillir un enfant, c'est aussi être certain que la situation financière est stable et que l'on peut dégager du temps pour s'en occuper et l'élever. Comment faire lorsque l'on travaille avec un rythme décalé, inclus les week-end? Le peu de temps que ce couple passe ensemble, c'est la nuit. Ils font des balades en vélo ou de longues promenades, mangent ensemble, font l'amour... Mais dans ces conditions, peut-on vraiment fonder une famille?
 
Ce film présente la banalité du quotidien d'un couple lambda, en y ajoutant quelques touches poétiques, à l'image de ses scènes muettes sublimées par "les variations Goldberg" de Bach.
 
A revoir mardi 19 mars à 17h au Rex 1 et mercredi 20 mars à 12h30 au Cap'Ciné 1, dans le cadre du FIFF.
 
 
 

 

FROM TEHRAN TO LONDON - Mania Akbari - Iran 2012

 
 
 
"One.Two.One", son précédent film, présenté au FIFF l'an passé, m'avait déjà impressionnée par sa liberté de ton. Cette femme, Mania Akbari, peintre devenue cinéaste, n'a, a priori, peur de rien. Sauf que là, une série d'arrestations parmi ses collègues l'ont incitée à s'exiler. Son film, "From Tehran to London" ne se terminera jamais. Brisé dans son élan artistique, dans sa créativité, il dégage cependant une force bouleversante. Un triangle amoureux au sein d'une famille iranienne aisée. Une liberté de ton à nouveau affolante : amours saphiques, rapports de forces entre une épouse et son mari, adultère. Tout n'est que suggestion, discussions, avec cette force que Mania Akbari seule sait mettre dans ses images. Un film qui, par ses diverses thématiques, pourrait déjà soulever certains émois parmi la population occidentale, alors imaginez en Iran. Je ne le dirai jamais assez, je suis fan du cinéma de cette femme. Mais vraiment. Et je suis bouleversée à chaque fois.
 
 
 
 
Malheureusement, aujourd'hui, c'était la dernière projection dans le cadre du FIFF.
 

 

 

JUEGO DE NINOS - Makinov - Mexique 2012

Remake d'un film culte des années 70 "Les Révoltés de l'an 2000" de Narciso Serrador.
 
Un couple de touristes débarque sur une charmante île mexicaine. Madame est enceinte jusqu'au cou, le climat est clément, le couple roucoule. Mais quelque chose attire leur attention sur cette île: elle semblent dépourvue d'adultes. Seuls des enfants sont là. Ils ne sont pas très loquaces... mais où sont leurs parents, et tous les autres adultes? Les cafés sont vides, de même que les maisons, les hôtels et les supermarchés...
 
Tout le film est saturé, images comme sons, les blancs pètent littéralement l'écran, mais ce blanc virginal va très rapidement virer au rouge sang, pour nous faire faire les pires cauchemars. "Qui peut tuer un enfant?", c'est la question que pose le film. Remake très fidèle à l'original, avec cependant sa touche "2012" c'est-à-dire avec les moyens de cinéma actuels. Plus terrifiant et gore que l'original.
 
Makinov, pourrait être un peu le Daft Punk des réalisateurs de films d'horreur, comme l'écrit Colin Gedds, programmateur du Toronto International Film Festival. Makinov serait né en Biélorussie. Il serait parti faire ses études au Mexique et aurait tourné deux documentaires sur le chamanisme. Il estime qu'en punissant son ego, donc en refusant de dévoiler sa véritable identité, il peut diriger sa propre sagesse et faire un avec le néant. Voilà, voilà... moi je dis qu'il faut arrêter la drogue!
 
Makinov a dissimulé son visage à toute son équipe, acteurs, techniciens, tout le monde. Certains, dont Thierry Jobin, pensent qu'il pourrait s'agir d'un réalisateur américain, éventuellement John Carpenter. Pour le moment, le mystère reste entier.
 
 
 
Votre Cinécution
 
 
 

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